Jeudi 8 mai 2008

Pendant le festival de Hyères, plusieurs expositions particulièrement intéressantes occupaient le premier étage et les espaces autour de la piscine de la Villa Noailles. Michel Malard avait fait venir deux grandes stars de la photographie, Melvin Sokolsky et Scott Schuman, auteur du blog de looks le plus célèbre au monde, The Sartorialist. Avec la bonne idée d’organiser une visite guidée des expositions avec leurs auteurs. Tout à fait passionnant ! J’ai eu du mal à entendre les commentaires du Sartorialist entouré de beaucoup de monde, mais je n’ai rien manqué du discours extraordinaire de Melvin Sokolsky, auteur notamment de célèbres séries de photographies réalisées à Paris pour Harper's Bazaar au début des années 1960. Avec tout un plaidoyer en faveur de la création « pure », bien loin des questions d’argent qui agitent le monde actuel de la photographie de mode. L’auteur de ces étonnantes images de femmes descendues du ciel dans des bulles expliquait très simplement qu’il avait accompli tout cela sans le moindre effet spécial, avec des budgets très modestes. A Michel Mallard qui voulait lui faire dire avec quel appareil il avait pris telle ou telle image, il répondait que cela n’avait aucune importance, ce qui compte c’est ce que l’on veut dire , ce qu’il y a à voir dans l’image. Et dans cette magnifique sélection, du contenu il y en a en abondance. Chaque photo était l’occasion pour lui de raconter des histoires comme celle de Salvador Dali qui lui avait demandé un jour « Faites moi léviter », pensant à ces mannequins suspendues au-dessus du sol ou comment il avait fait improviser un studio photo à des étudiants avec des sacs-poubelles. Melvin sokolsky a ainsi séduit son auditoire médusé face à l’évocation de ces années soixante où la photo était une affaire d’artistes libres. Une rencontre mémorable !

A noter aussi la très belle exposition-installation d’Haider Ackermann, qui a suspendu ses créations à de puissants cordages tendus aux crochets prévus à l’origine pour les agrès au-dessus de la piscine. Très belles photographies également de Popel Coumou dans le salon rose, avec un regard original sur l’architecture de la Villa qui rappelle la peinture notamment d’Edward Hopper.


Scott Schuman fasciné par Maïda Gregori-Boina, Directrice Artistique Mode du Festival :

 


Dans l’exposition de photographie The Sartorialist, deux anciennes étudiantes de l’IFM dignes de figurer dans la collection de looks du blogueur :


Exposition The Sartorialist. On remarque au centre la très rock’n roll rédactrice en chef de Vogue, Carine Roitfeld :



L’élégance des ex-étudiantes de l’IFM qu’on pourrait également encadrer :



Louise en robe de coton indien vintage hippie chic, en compagnie de Pascal Morand caché derrière ses lunettes de Men in Black :



Louise en super Baby Doll :



Un autoportrait de Melvin Sokolsky accompagné de son égérie qui l’avait accompagné à Hyères.



La photo qui a tout déclanché pour Melvin. Le mannequin manquait d’étouffer dans la bulle suspendue :

La fameuse série de photos faite avec la bulle dans Paris. Celle de gauche est la préférée de Melvin mais n’a pas été retenue par le magazine Harper's Bazaar

Au centre, on remarque cette merveilleuse photo d’un visage de femme projeté sur une fleur :

 

Melvin Sokolsky commentant son exposition :« To the light ». A sa gauche Michel Mallard, Directeur Artistique Photographie du Festival


Une apparition qui aurait pu faire dire à Melvin Sokolsky que tout peut devenir sujet de photo de mode :



Exposition d’Haider Ackermann dans l'ancienne piscine de la Villa Noailles :






par Florence Muller
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Mardi 6 mai 2008

Pour la première fois depuis quelques années, les stylistes présentent leur travail en plein air dans un jardin suspendu accessible par la partie haute de la Villa de Noailles. Le lieu est très agréable mais éloigné du centre des activités de la Villa et beaucoup de non-initiés n’en ont pas trouvé le chemin !

La tente en plastique n’a pas été utile (cette année : grand beau temps) et a plutôt servi de solarium ! Cette nouvelle présentation prenait des allures de mini-salon, les stylistes exposant les uns à côté des autres dans une ambiance champêtre. On pouvait néanmoins découvrir comme d’habitude leurs modèles et accessoires dans les détails, leurs sources d’inspiration, leurs travaux de recherche…

Tout en haut de la villa, les expositions des stylistes sous une tente transparente :


Titipon Chitsantisook sur son stand de sa collection « Never ending story », en compagnie de Pop (surnom de Chalermkiat Khatikasemlert), ancien étudiant de l’IFM qui l’a aidé dans la préparation :

L’entrée de saloon de Jean Paul Lespagnard et sa collection « Ich will’nen Cowboy als Mann" :


Sur le stand de Stella Valentic & Julie Kéchichian, Robin de la boutique Mixte de Maria Luisa :

 


Exemple de modèles brodés de perles du duo de créatrices françaises :

Accessoires de l’Autrichienne Isabelle Steger :


Géraldine Dormoy (Café Mode) fait connaissance avec Lucia Sanchez, la styliste d’Argentine aux allures de mannequin :


par Florence Muller
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Lundi 5 mai 2008

Le vendredi soir 25 avril 2008, premier jour du Festival, le défilé des stylistes est présenté, comme depuis quelques années, dans une grande tente sur la plage. Cette fois, un chemin était construit sur le sable évitant de se tordre les pieds … lorsqu’on est chaussé évidemment de talons hauts obligatoires dans tout événement fashion ! Merci d’avoir pensé aux faibles femmes fragilisées par la mode !

L’ambiance générale était très agréable avec une dominante de rouge pour la salle et bois pour le podium. Et les éclairages toujours créés magistralement par Thierry Dreyfus.

Le rythme semblait plus accéléré que les dernières sessions, retenant ainsi l’attention en éveil et l’ordre des passages bien conçu pour créer des temps forts et des surprises. Dans l’ensemble il restait une impression générale d’une sélection bien équilibrée, avec une participation internationale accrue (l’Autriche, la Thaïlande et l’Argentine particulièrement bien représentées) et un niveau d’exigence élevé dans la qualité des collections. On peut noter la capacité de certains créateurs de créer un effet théâtral tout en maîtrisant parfaitement la notion de vêtement fait pour être (aussi) porté comme le Belge Jean-Paul Lespagnard.

 

Titipon Chitsantisook (Thaïlande) :

Lucia Sanchez (Argentine) :

Matthew Cunnington, le gagnant du Prix du Jury (Grande-Bretagne) :


Isabelle Steger (Autriche) :

Stella Valentic & Julie Kéchichian (France) :

Jean-Paul Lespagnard (Belgique) :

par Florence Muller
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Vendredi 2 mai 2008

Léopold Ritondalle, l'ancien maire d’Hyères qui semblait inaltérable, s’est éteint le 21 février dernier et les discours d’inauguration du 23ème festival de la Mode et Photographie rendaient hommage à son soutien "sans faille" à cette organisation devenue une institution du monde de la création. Le nouveau maire a fait une allusion humoristique aux discours légendaires de son prédécesseur, invariablement adressés sur le même ton paternel à « un petit jeune » qui était venu le trouver avec une idée de faire venir la mode à Hyères… Peu d’invités au cocktail d’inauguration ont compris l’allusion. Mais Jean Pierre Blanc, le fondateur du festival, lui, a souri à cette allusion et cet encouragement à continuer dans … la bonne voie favorable à l’émergence de la création ! Après les discours, les expositions ouvraient… mais impossible de les voir toutes d’un coup si l’on voulait aussi retrouver les amis pour le cocktail sur la terrasse.

Discours d'inauguration du 23ème Festival International de Mode et de Photographie. Jean Pierre Blanc au micro :



Felipe Oliveira Baptista. « Shared dress. Plexiglass & métal. Printemps Eté 2007 :  

Aurélie Wacquand, derrière la baie vitrée, cocktail d’inauguration :  

 
Popel Coumou . « Rose Residence », Commande photographique. Grand Prix du Jury 2007 de la Photographie :

 

 

 

 

 

 

Eric Lebon. « Chambre d’ami » :

 
Chambre de Monsieur et Chambre de Madame, exposition de Ludivine Caillard :


 

Dans l’escalier de la Villa, sculpture textile de Ludivine Caillard :

 

Dans l’espace des trois salles voûtées dédiées à la présentation des œuvres du concours photographique :


« Pieds de Poule » de Philippe Jarrigeon :


« Obviously » d’Audrey Corregan, dans l’exposition du concours photographique :

 

 

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Mercredi 30 avril 2008
Dans la galerie d’Anne Barrault, Ramuntcho Matta présente une exposition de ses œuvres récentes sous le titre « ludicité » qui rimerait plutôt avec « ludique ». Il s’agit d’une « vaste aire de Je », selon l’artiste qui n’est pas avare en jeux de mots et d’esprit. Avec ces objets de Je, il propose de « jouer à sa vie comme on joue aux cartes ou à la marelle ». Avec deux objets en verre visiblement bien complémentaires, il vous indique les règles du jeu amoureux en accord ou désaccord, selon l’orientation. Des yoyos multiples sont impossibles à mettre en œuvre, car ils s’adressent à tous les doigts de la main simultanément. Le plus « fashion » de ces objets est un chapeau qui aide à prendre des décisions. Composé de formes géométriques de feutre alternativement noires et blanches et formant un damier, il est surmonté d’une lanière lestée d’un dé en matière « scratch ». Il suffit de poser une question, de balancer la tête et de voir où s’accrochera le dé jaune. En ayant auparavant décidé de la couleur d’une réponse positive ou négative. Pour les plus conventionnels, je suggère blanc pour un « oui » et noir pour un « non » !

Jusqu’au 31 mai 2008 Galerie Anne Barrault 22 rue Saint Claude 75003 Paris www.galerieannebarrault.com




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Mardi 29 avril 2008

Le Magasin du Printemps vit à l’heure du Summer of love 2008. Pour introduire le style très Boho chic de cet été, à la demande du magasin, j’ai conçu en compagnie d’Anouschka, une exposition sur les origines du style Boho chic qui forme la tendance principale de l’été. Choisie au milieu des milliers de pièces de costumes et accessoires griffés des grands noms de la couture et de la création qui composent le fonds du show-room-bibliothèque de mode d’Anouschka, une cinquantaine de silhouettes évoquent les correspondances de ce style dans les années 60 et 70. Une centaine de photographies sélectionnée par Gérald Chevalier dans le fonds d’archives du magazine l’Officiel complète cette évocation.


Voici un extrait du texte d’introduction de l’exposition :


«
Le style Boho puise ses sources d’inspiration dans les années soixante et soixante-dix.

 C’est un style libre et romantique, nourri de multiples influences, éloignées des conventions, un look qui s’inspire à l’origine de l’existence nomade des bohémiens. Les racines lointaines de ce phénomène remontent au XIXe siècle dans le milieu des artistes et des intellectuels parisiens, qui inventent la vie de bohème. Mais le phénomène de mode actuel se réfère plus précisément aux hippies chics des années 60-70 qui fréquentent Saint Tropez, Tanger, Goa, Marrakech ou Ibiza … Littéralement, ni totalement bourgeoise, ni totalement bohème, la bobo chic n’est jamais là où on l’attend. Elle surprend par son anticonformisme, mais ne souffre pas dans la marginalité. Elle refuse les usages vestimentaires classiques, mais apprécie les valeurs traditionnelles du raffinement. Son allure, ni pauvre, ni riche, se traduit par un art subtil des mélanges.

An 1967, Le Summer of Love et le Human-Be-in de San Francisco révèlent au grand public l’idéal hippie, qui va marquer profondément toute une génération. La « hippie de luxe » des années 60 assiste aux concerts de Woodstock, mais ne vit pas dans les communautés… trop rustique pour elle ! Elle se compose des looks uniques chez Yves Saint Laurent ou dans les souks de luxe de Jean Bouquin. Elle s’habille d’un rien, de la transparence du coton indien sur un corps nu, le corps libéré dans une vaste djellaba ou un caftan, un foulard noué à la paysanne ou en turban dans les cheveux, et beaucoup de bijoux ethniques… Dans les années 70, elle détourne les jupons, les caches corsets, les sabots, les capelines de sa grand-mère. Elle redonne du chic aux choses fanées en dénichant aux Puces les petites robes en biais des années trente qui côtoient dans sa garde-robe les blouses fleuries de Chloé ou les robes « rétro » de Biba. La chanson de Joni Mitchell « Boho Dance » de 1975, inspiré du livre de Tom Wolff « Painted Word », dresse le portrait complexe de la bohémienne chic. Aujourd’hui, l’idéalisme et la rébellion des hippies appartiennent au passé, reste un style désirable de « Beautiful People ».


A chaque étage, dans l’espace des ascenseurs, Alexandra Sennes a imaginé une mise en scène interactive sur le thème de la Bohème de luxe.
 


Au 7ème étage du Printemps de la Mode- Boulevard Haussmann-Paris (ascenseur direct jusqu’au 6ème étage. Sous la coupole de l’Auditorium). Jusqu’au 17 mai.
 


contact@anouschka.fr

www.printemps.com 


A gauche, groupe d’ensembles Yves Saint Laurent dont une robe d’inspiration chinoise de l’hiver 1979, au centre robe de Pucci, vers 1970 et à droite robe de Gudule, vers 1969 :
 

Deux mini-robes imprimées, à gauche Cacharel, été 1971 et à droite Chloé, vers 1970 :



Deux modèles de Biba vers 1972 :

 

Au premier plan, blouse et jupe en étamine de laine de Saint Laurent Rive Gauche Hiver 1975, derrière ensemble d’inspiration russe de la même griffe, Hiver 1976, plus loin, ensemble d’inspiration gitane également d’Yves Saint Laurent, hiver 1977 :

 


Alexandra Sennes et Anouschka à gauche, Thibault Fouquet du Printemps au centre, et les étudiants du GFM (Executive MBA fondé par l’Institut Français de la Mode, le Fashion Institute of Technology de New York et la Hong Kong Polytechnic University), avant la visite d’inauguration des expositions :

 

Les étudiants du GFM écoutant les explications données par Anouschka sur les costumes exposés :


 
Au cours du pot d’inauguration, à gauche Lubna Tlayoust, directrice de la communication de "Suface to air", au centre Goran Vejvoda, à droite Nadine, styliste des collections "Surface to air" et enfin Nic Jones, Directeur du salon Rendez-vous :

par Florence Muller publié dans : Mode
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Lundi 28 avril 2008

 

A Moscou, les styles d’architecture se côtoient dans des juxtapositions saisissantes : néo-classique, constructiviste, stalinien… et les immeubles de la nouvelle économie.

Le plus impressionnant reste à mon avis l’architecture stalinienne.

J’ai visité l’une des fameuses maisons de Staline, ces gigantesques bâtiments construits pour loger dans des appartements de prestige les proches du régime, la « nomenclatura ». Tout y est démesuré, même les histoires que l’on raconte. Certains les appellent les maisons des fous. D’autres parlent de fantômes, ceux des hommes que Staline a fait liquider après leur avoir tout donner. Il est aujourd’hui pratiquement impossible d’acheter un de ces appartements devenus inabordables comme tout le centre de la ville, mais même si on m’en offrait un, je n’en voudrais pour rien au monde ! Dès l’entrée, on est glacé par une atmosphère oppressante et un gardien à moitié dingue qui veut vous jeter dehors ! Reste un décor digne de Métropolis.


Architecture constructiviste :

 

 

Une des maisons de Staline :


Entrée de la maison :

 


Bas-relief de l’entrée :


 
Entrée de l’immeuble de style néo-classique :

 

 

 

Eglise où Poutine s’est marié :

 

Le très élégant « Manège » construit entre 1817 et 1825 :

 

 

 

 

par Florence Muller publié dans : Air du temps
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Vendredi 25 avril 2008

La nuit est une activité en soi à Moscou et cela correspond à une certaine tradition historique. Pendant la Belle Epoque, les princes russes animaient de leurs extravagances la vie nocturne parisienne assurant notamment le succès de Maxim’s.

A Moscou, des clubs et des restaurants ouvrent sans arrêt dont beaucoup ferment aussi vite afin de maintenir la curiosité en éveil. Mais selon un journaliste, cette tendance à vivre la nuit serait en train d’évoluer vers une autre forme de convivialité. Les moscovites préféreraient se recevoir entre eux, dans des cadres plus intimistes.

J’ai « testé » quelques clubs comme le Café Most qui fêtait l’exposition du photographe Anton Lange. Ambiance très bling-bling avec des cohortes de filles sublimes assez dévêtues et quelques entraîneuses sans doute en corsets d’Agent Provocateur. Le club « Cricha » qui signifie « Sur le toit » porte bien son nom. Réparti sur plusieurs étages, il offre une vue, sur le toit, sur la toute nouvelle City moscovite construite par l’architecte Norman Foster. Mais interdiction de photographier et inutile de plaisanter avec les impressionnants gardes du corps qui protégent la boîte. Autre service d’ordre qui ne rigole pas au club Justo, très difficile à trouver car il vient de changer d’adresse et aucun passant ne connaît cette nouvelle adresse. Chez Justo, on passe par des détecteurs d’armes à l’entrée ! Mais pour le reste, l’ambiance est très sympathique. De nombreuses salles permettent de choisir entre un concert, une pièce de théâtre, des espaces pour boire ou fumer. C’est d’ailleurs ce qui fait l’attrait en général de ces lieux de nuit, ces espaces fragmentés en plusieurs salles. Je ne verrais pas le tout nouveau « Paradis ». Ce sera pour une prochaine fois.

Pour les restaurants, je recommande le « traditionnel » café Pouchkine au décor reconstitué à l’ancienne et le café Galleria au look contemporain-baroque. 


Avec Pierre Christian Brochet, dans une bonne vieille Lada improvisée Taxi :

 

Le café Galleria :

 

Le café Pouchkine :

 

 

par Florence Muller publié dans : Air du temps
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Jeudi 24 avril 2008

Le samedi après-midi à Moscou, comme à Paris, est consacré aux vernissages de galeries d’art. Ceux du quartier de Winzavod, une sorte de Soho moscovite, attirent une foule d’amateurs dans ces anciens entrepôts de vins rachetés par la femme d’un milliardaire et transformés en galeries d’art, boutiques de mode et lofts pour des activités artistiques.


La Regina Gallery présentait l’exposition « Come back » consacrée à Semyon Faibisovich. Cet artiste qui est aussi écrivain et essayiste, a débuté dans les années 70 et s’est fait connaître à l’Ouest à travers les années 80 en exposant aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse… Il est connu comme le représentant le plus célèbre de l’hyperréalisme russe. Lui-même se réfère au « photoréalisme » comme une technique procédant de la photographie. On lui a ensuite attribué la notion "d’hypnoréalisme" par sa capacité à capter des instants de la vie quotidienne soviétique (vue de foule dans le métro, dans une gare, dans un bus…) comme des « moments arrêtés sur une réalité déprimante… » Vers 1987-1989, une série de ses portraits de Gorbachev fait la couverture du « Time ». Aujourd’hui, il aurait la cote la plus élevée parmi les artistes russes vivant en Russie. L’exposition de la galerie Regina marque le « come back » de l’artiste qui avait cessé de peindre en 1995, ses sujets de prédilection ayant disparu avec l’évolution de la société russe. Après une dizaine d’années, l’artiste s’est remis à la peinture et son come-back est autant personnel qu’un constat des changements de la vie en Russie.


Dans la M & J Guelman Gallery, l’artiste Dimitry Gutov exposait sa série « Used ». Il s’agit de ready-made assemblés de façon à évoquer les vitrines de magasins socialistes.

Dans le même bâtiment, au fond se cache une galerie avec plusieurs espaces d’art et une boutique de mode. Ce multi-marques propose une sélection très diversifiée de marques européennes, russes, de gadgets japonais, et de vintage de prêt-à-porter de maisons de couture comme Saint Laurent Rive Gauche, Miss Dior, Chanel (à des prix exorbitants).

Dans le bâtiment en face, je rencontre Elena Lounguine, la directrice du Rodchenko Moscow School of Photography & Multimedia. C’est elle qui a fondé un festival de la photographie devenu incontournable. Une exposition organisée avec Magnum occupe la partie haute du bâtiment. Dans le sous-sol, aux allures de crypte voûtée, se tient un colloque devant une assemblée nombreuse parmi laquelle figure l’ambassadeur de France et son épouse, des passionnés d’art contemporain.

Dans le bâtiment à gauche de l’entrée, je fais la connaissance du mari de Svetlana Tegin, une créatrice qui vient d’installer les locaux de sa marque de mode dans un vaste loft au dernier étage. (Tél : 8 985 763 3982  www.tegin.net). Son style explore aussi bien le futurisme, le gothique, l’onirique, avec des allusions aux cultures traditionnelles, notamment dans la collection de cet hiver dont elle a eu l’inspiration en visitant la Mongolie.


Les bâtiments de Winzavod :



Voiture couverte d’herbe à Winzavod :

 
Exposition de Dimitry Gutov à la M & J Guelman Gallery :

 
Une œuvre de la série « Used » de Dimitry Gutov :



L’artiste Semyon Faibisovich, de dos parlant à des invités de son vernissage à la galerie Regina :


Un tableau de Semyon Faibisovich :


Exposition Magnum :


Atelier de Svetlan Tegin à Winzavod :



Le mari de Svetlan Tegin :



Les toilettes sculpture en béton créés par le mari de Svetlan Tegin :


Un évier sculpté comme un sarcophage romain par le mari de Svetlan Tegin :

 

 

 

par Florence Muller publié dans : Art
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Mercredi 23 avril 2008

Impossible de faire un tour de shopping de Moscou sans commencer par le mythique Goum, cette cathédrale de marbre, grès, granite et verre, construite entre 1890 et 1893. Je l’avais vue, il y a une douzaine d’années, avec une allure soviétique peu avenante. Aujourd’hui, toutes les grandes marques y ont installé leurs boutiques phares. Au premier étage se trouve le Spa Dior, le premier au monde ouvert par la maison de l’avenue Montaigne.

 

Après un déjeuner au Café Vogue, rendez-vous des jeunes femmes riches et désoeuvrées, je pars en compagnie d’Anouschka Brochet et de sa fille Apollinaria, à la découverte des multi-marques moscovites. En commençant par le plus ancien à avoir présenté les créateurs en Russie : LeForm, sur la Povarskaya street 35/28. Leform possède d’autres boutiques et vient d’en ouvrir une dans un autre quartier dont je n’ai l’adresse qu’en caractères cyrilliques (Tél : (495) 660 02 80). L’intérêt, comme dans les autres multi-marques que nous verrons, c’est de voir la juxtaposition de créateurs européens et russes rassemblés par communauté de style. Côté créateurs européens on distingue un certain nombre de marques connues à Paris : A.F. Vandevorts, Alain Mikli, Comme des Garçons, Dries Van Noten, Histoire de Voir, Lagerfeld, Lutz, Martin Margiela, Tao, Véronique Branquinho, Y’s… A proximité de portants présentant un choix de Margiela et de sa ligne 6 et de Comme Garçons, est disposée une sélection de griffes où domine le minimalisme : Depercuny  et ses petites pièces simples avec quelques jolis détails, robes galonnées ou chemises à jabot, le style kawaï-casual d’Hiromi Tsuyoshi ou de Biryukov, avec des minirobes "chemisier" en vichy, des robes ou tops en pailles fines superposées de Lena Tsokalenko, des robes de campagne en cotonnade d’Inshade, et la griffe Mice qui fait penser à Dries Van Noten, mais en moins cher et en plus dépouillé avec ses motifs végétaux et ses gammes de couleurs sourdes.

Puis, à côté d’un restaurant de style français qui vient d’ouvrir « Les Zamis de Pycco », se trouve le multi-marques U.K. Style (Tél : 290 21 39 ou 202 65 80 . www.ukstyle.ru). Cette boutique appartient à la femme du propriétaire du club Justo. L’ambiance fait plutôt penser à Colette avec ses vendeuses branchées et sa sélection de concept store. L’architecture très découpée a permis de séparer chaque type de produits avec un coin pour le sport-ville avec notamment une excellente sélection de Perry Ellis, un coin british pointu avec dans les marques les plus connues Eley Kishimoto et un département de modèles « habillés » avec notamment toute une sélection de Martin Grant. La décoration est signée d’Andrei Kobzon, le fils d’un chanteur de variété extrêmement populaire, Iosiv.

La virée shopping s’est terminée par un multi-marques très confidentiel accessible uniquement sur rendez-vous, impossible à débusquer sans les connaissances pointues moscovites d’Anouschka. Le 9A Concept se cache derrière le nouveau club Raï (écrit phonétiquement) qui signifie « Paradis » en russe, dans un quartier d’anciennes usines, juste à côté d’une ancienne chocolaterie où le photographe de mode Anton Lange vient de présenter une exposition monographique. L’espace n’a pas de fenêtre et est animé par un charmant jeune homme au look inventif (queue-de-cheval à la chinoise, veston ouvert sur poitrail nu et tatoué, chaîne en or cachée dans l’entrecroisement du col…). Tout est mélangé sur des portants formant un vaste rectangle fermé, donnant une impression de « pièces uniques ». Pour pénétrer à l’intérieur, il faut écarter quelques modèles. Les jeunes clientes de ce lieu branché ont malgré tout, pour certaines, une allure très bling-bling (botox, lèvres refaites…). Pour prendre rendez-vous : 7 49 57725872.


Le Goum, au fond le Spa Dior :


Dans le Goum, vitrine de la boutique de design Kartell : 
Dans le Goum, vitrine du multi-marques de chaussures de créateurs Iris :


Angle de la boutique Dior sur la Place Rouge :


En trench-coat et sac Dior, je prends la pose devant la vitrine de Louis Vuitton face au mausolée de Lénine :


Façade de la boutique LeForm :

Intérieur de LeForm :
 
Au sous-sol de LeForm, Apollinaria et Anouschka. Anouschka porte un t-shirt décoré d’un dessin de sa fille, avec un Mickey Mouse un peu spécial : 
Intérieur de la boutique U.K. style :


Le rayon chic de U.K. style, avec le portant des modèles de Martin Grant au premier plan :


L’ancienne chocolaterie reconvertie en lieu d’art contemporain :


Entrée du club Raï (ou Paradis en russe) :


Intérieur de la boutique 9AConcept :

par Florence Muller publié dans : Mode
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